
Un homme entre deux mondes
Né le 24 janvier 1901 à Cayenne, René Jadfard grandit au sein d’une fratrie soudée de deux garçons. Son père, Henrius, est originaire de la Martinique. Sa mère, Noémie, vient de Guyane, de la famille Tourville, à Mana. De cette double origine naît un homme qui, toute sa vie, circulera avec la même aisance entre les mondes.
Car c’est bien ce qui frappe dans son parcours : sa capacité à habiter des univers que rien, a priori, ne devait réunir.
« Aventurier, il a navigué sans doute ni crainte, des sombres épaisseurs de la forêt guyanaise aux lumières scintillantes des salons parisiens, à l’aise là comme ici, des sphères de la finance internationale aux dangers des correspondants de guerre, des antichambres de la politique au cœur même du combat, pour devenir, enfin, député de la Guyane, son pays, auquel il se voue corps et âme ! »
De la forêt guyanaise aux salons parisiens. De l’analyse de la finance internationale à la réalité de la guerre et des couloirs du pouvoir. Peu d’hommes auront traversé autant de mondes différents, tracé un parcours aussi riche — jusqu’au siège de député de la Guyane.
Une fin brutale, une mémoire à transmettre
René Jadfard — ÉnerJ, comme l’appelle l’auteure — s’éteint brutalement dans la nuit du 8 au 9 novembre 1947. L’avion de tourisme dans lequel il a pris place, avec trois autres passagers dont le préfet Robert Vignon, chute dans le fleuve Sinnamary. Des quatre occupants, lui seul y perd la vie.
René Jadfard reste une figure marquante en Guyane, mais une figure discrète, dont le destin semble avoir été sabordé au moment même où il prenait toute son ampleur. La plupart ignorent encore les méandres de cette existence brève et intense, que Guilaine Bourguignon remet au goût du jour — pour redonner à René Jadfard la lumière qu’il mérite, et raconter, à travers lui, une part de l’histoire guyanaise trop peu connue.




