Halloween en Guyane : mots, traditions… et un peu de créole !
Fin octobre, les citrouilles s'invitent jusque sous les manguiers : Halloween s'est fait une place dans les familles guyanaises. Une fête venue de loin ? Pas de quoi impressionner la Guyane, qui a toujours su accueillir les traditions du monde… et les cuisiner à sa façon. Petite balade entre histoire, coutumes locales et frissons en créole.

Quelques mots d’histoire
Bien avant les costumes et les citrouilles, les peuples celtes célébraient Samhain, le passage à la nouvelle année, le 1er novembre. La veille au soir, croyait-on, les esprits traversaient la Terre pour rejoindre l’au-delà — et pour se protéger ou se fondre dans cette foule invisible, les vivants se déguisaient.
Christianisée plus tard sous le nom d’All Hallows’ Eve, « la veille de tous les saints », la fête a gardé ses feux, ses défilés et ses costumes, avant de devenir le mot que nous connaissons aujourd’hui : Halloween.
Une fête adoptée à la sauce guyanaise
En Guyane, Halloween n’est pas une tradition « de toujours », mais elle a trouvé sa place dans le cœur des familles. Les enfants adorent la chasse aux bonbons dans les quartiers, les ados rivalisent d’imagination pour leurs costumes, et les parents jouent volontiers le jeu.
Il faut dire que le terrain était préparé ! Ici, se déguiser est presque une seconde nature : le carnaval, ses touloulous et ses jé farin occupent déjà une bonne partie de l’année. Et quelques jours après Halloween, la Toussaint transforme les cimetières guyanais en constellations : des centaines de bougies illuminent les tombes blanchies à la chaux, et les familles veillent ensemble leurs disparus. Deux fêtes voisines sur le calendrier, deux manières de côtoyer l’invisible — l’une pour en rire, l’autre pour s’en souvenir.
Ce qui plaît dans Halloween, c’est autant la fête que le moment partagé : se déguiser, rire, se faire un peu peur… et bricoler un costume maison en famille.
En créole, on peut dire par exemple :
- « Kostim-la bel ! » — Ton costume est joli.
- « Nou ka alé chaché bonbon ? » — On va chercher des bonbons ?
- « Pa pè ! Sé pou ri. » — N’aie pas peur, c’est pour rire.
Ces petites expressions ajoutent une touche locale à une fête venue de loin.
Frissons d’ici : le petit bestiaire créole
Pas besoin d’importer des fantômes : le folklore guyanais a déjà tout ce qu’il faut pour se faire (gentiment) peur.
- Le maskilili : petit être malicieux de la forêt, reconnaissable à ses pieds à l’envers — impossible de le suivre à la trace, ses empreintes partent toujours dans la mauvaise direction !
- Le soukounyan : la nuit venue, il quitte sa peau et s’envole en boule de feu au-dessus des toits…
- Le djab : le diable des contes créoles, souvent plus rusé qu’effrayant — et souvent perdant à la fin de l’histoire.
- Le zonbi : chez nous, c’est moins le mort-vivant des films que l’esprit qui rôde et qu’on évoque pour faire frissonner les veillées.
De quoi inventer, le soir d’Halloween, un conte bien de chez nous à raconter à la lampe de poche — et si l’inspiration manque, les contes de notre catalogue sont là pour ça.
Une idée pour célébrer ensemble
Et si Halloween devenait un prétexte pour un moment calme après la chasse aux bonbons ? Un jeu de société, un coloriage ou une activité créative peut prolonger la soirée sans exciter les esprits… ni les enfants ! Plume Verte propose justement des cahiers de jeux et de coloriages autour de la Guyane, parfaits pour une soirée en famille.




